Jacob Wrestling with the Angel

The French Romantic artist Ferdinand Victor Eugène Delacroix (1798-1863) painted a mural of the Lutte de Jacob avec l'Ange "Jacob Wrestling with the Angel" (1856-1861) together with another Héliodore chassé du temple Heliodorus Driven from the Temple, which adorn the walls of the Chapelle des Anges side chapel of the Église Saint-Sulpice Church of St-Sulpice, in Paris.

Jacob Wrestling with the Angel"Jacob Wrestling with the Angel" created considerable interest, in the Biblical struggle which appears in chapter 32 of Genesis and chapter 12 of the Book of Hosea. Delacroix preferred a natural landscape over a classical architectural background. The Symbolist painter Paul Gauguin (1848-1903) took the story and used it as the subject of his Vision After the Sermon. Delacroix used the encaustic technique of painting, adding coloured pigments to heated beeswax, in the "Chapel of the Angels", with successful results, rather than the tempera technique of the Renaissance masters. Delacroix gave an account of his studies of paintings by the masters, suggesting who his "influences" were in his journal, and touched upon where he also drew inspiration from the everyday world around him. The journal comments upon the advent of new scientific discoveries in 19th-century France, as in the discovery of new stars in the sky (Meditations dans la nature), or photography (Response aux critiques du Salon de 1859: Contre le realisme) and the progressive impulse towards realistic representation in art. The subject matter of the Jacob Wrestling with the Angel is, by contrast, a supernatural event.

The writer and aesthete, Charles Baudelaire, is considered to be one of the greatest art critics of the Romantic Age:

Le sujet de la peinture qui couvre la face gauche de la chapelle décorée par M. Delacroix est contenu dans ces versets de la Genèse:

« Après avoir fait passer tout ce qui était à lui,

« Il demeura seul en ce lieu-là. Et il parut en même temps un homme qui lutta contre lui jusqu'au matin.

« Cet homme, voyant qu'il ne pouvait le surmonter, lui toucha le nerf de la cuisse, qui se sécha aussitôt;

« Et il lui dit: Laissez-moi aller; car l'aurore commence déjà à paraître. Jacob lui répondit : Je ne vous laisserai point aller que vous ne m'ayez béni.

« Cet homme lui demanda: Comment vous appelez-vous? Il lui répondit: je m'appelle Jacob.

« Et le même ajouta: On ne vous nommera plus à l'avenir Jacob, mais Israël: car, si vous avez été fort contre Dieu, combien le serez-vous davantage contre les hommes?

« Jacob lui fit ensuite cette demande: Dites-moi, je vous prie, comment vous vous appelez? Il lui répondit: Pourquoi me demandez-vous mon nom? Et il le bénit en ce même lieu.

« Jacob donna le nom de Phanuel à ce lieu-là, en disant : J'ai vu Dieu face à face et mon âme a été sauvée.

« Aussitôt qu'il eut passé ce lieu qu'il venait de nommer Phanuel, il vit le soleil qui se levait ; mais il se trouva boiteux d'une jambe.

« C'est pour cette raison que, jusqu'aujourd'hui, les enfants d'Israël ne mangent point du nerf des bêtes, se souvenant de celui qui fut touché en la cuisse de Jacob et qui demeura sans mouvement. »

De cette bizarre légende, que beaucoup de gens interprètent catégoriquement, et que ceux de la Kabbale et de la nouvelle Jérusalem traduisent sans doute dans des sens différents, Delacroix, s'attachant au sens matériel, comme il devait faire, a tiré tout le parti qu'un peintre de son tempérament en pouvait tirer. La scène est au gué de Jacob; les lueurs riantes et dorées du matin traversent la plus riche et la plus robuste végétation qui se puisse imaginer, une végétation qu'on pourrait appeler patriarcale. À gauche, un ruisseau limpide s'échappe en cascades; à droite, dans le fond, s'éloignent les derniers rangs de la caravane qui conduit vers Ésaü les riches présents de Jacob: « deux cents chèvres, vingt boucs, deux cents brebis et vingt béliers, trente femelles de chameaux avec leurs petits, quarante vaches, vingt taureaux, vingt ânesses et vingt ânons. » Au premier plan, gisent, sur le terrain, les vêtements et les armes dont Jacob s'est débarrassé pour lutter corps à corps avec l'homme mystérieux envoyé par le Seigneur. L'homme naturel et l'homme surnaturel luttent chacun selon sa nature, Jacob incliné en avant comme un bélier et bandant toute sa musculature, l'ange se prêtant complaisamment au combat, calme, doux, comme un être qui peut vaincre sans effort des muscles et ne permettant pas à la colère d'altérer la forme divine de ses membres.
Le plafond est occupé par une peinture de forme circulaire représentant Lucifer terrassé sous les pieds de l'archange Michel. C'est là un de ces sujets légendaires qu'on trouve répercutés dans plusieurs religions et qui occupent une place même dans la mémoire des enfants, bien qu'il soit difficile d'en suivre les traces positives dans les saintes Écritures. Je ne me souviens, pour le présent, que d'un verset d'Isaïe, qui toutefois n'attribue pas clairement au nom de Lucifer le sens légendaire; d'un verset de saint Jude, où il est simplement question d'une contestation que l'archange Michel eut avec le Diable touchant le corps de Moïse, et enfin de l'unique et célèbre verset 7 du chapitre XII de l'Apocalypse. Quoi qu'il en soit, la légende est indestructiblement établie ; elle a fourni à Milton l'une de ses plus épiques descriptions; elle s'étale dans tous les musées, célébrée par les plus illustres pinceaux. Ici, elle se présente avec une magnificence des plus dramatiques; mais la lumière frisante, dégorgée par la fenêtre qui occupe la partie haute du mur extérieur, impose au spectateur un effort pénible pour en jouir convenablement.

Peintures murales d'Eugène Delacroix à Saint-Sulpice, Charles Baudelaire, published in L'Art romantique, 1869.

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Image of The Journal of Eugene Delacroix (Arts & Letters)
Author: Eugene Delacroix
Publisher: Phaidon Press Ltd (1995)
Binding: Paperback, 560 pages